FASTI ECCLESIAE GALLICANAE

Compte rendu de la r�union de l'�quipe des Fasti du 11 janvier 2002

Informations g�n�rales
B�n�fices et simonie, le point de vue du droit canonique, par C. Leveleux
Les biblioth�ques des chanoines et des chapitres d'Aix, Arles et Marseille, par C. Giordano
Cartographier un quartier canonial, par Y. Esquieu
Jean de Cardalhac, un ou deux personnages ?, par F. Ryckebusch, M. Fourni� et E. Bouy�
Biographies de cardinaux, par P. Jugie, P. Montaubin, E. Bouy�, A.-L. Rey-Courtel

Informations g�n�rales :

La rel�ve de l'ancien GDR GERSON est assur�e, avec la cr�ation de SALVE (Sources, acteurs et lieux de la vie religieuse � l��poque m�di�vale) GDR 2513.

Les journ�es du colloque d'Orl�ans en septembre dernier sur "Histoire et christianisme" ont �t� un succ�s. Le d�bat-forum du samedi 29 septembre, destin� au grand public, sera publi� gr�ce aux transcriptions qu'en fait actuellement Laurent Valli�re et les six ou sept expos�s du vendredi 28 concernant l'entreprise des Fasti feront l'objet d'un article dans la Revue d'Histoire de l'�glise de France.

Nous avons eu la joie de voir le volume consacr� au dioc�se d'Agen, �crit par Fabrice Ryckebusch, sortir pour le colloque d'Orl�ans. Sachez qu'il est disponible pour les membres des Fasti, avec une remise de 40 % sur le prix d'achat, ce qui fixe celui-ci � 25 euros. Si vous �tes int�ress�, veuillez libeller votre ch�que � l'ordre d'H�l�ne Millet.

Le dioc�se d�Angers attend que Fran�ois Comte comble son retard.

Le volume sur Rodez avance tr�s vite et celui sur Mende sera pr�t dans le courant de l��t�. Quant � Tours, dioc�se sur lequel Philippe Maurice a pass� un an gr�ce � une bourse de la R�gion Centre, il compte un r�pertoire de 800 noms.

Jean-Pierre Lodd� a l�gu� aux Fasti tout le fonds de documentation rassembl� par sa d�funte �pouse pour le volume sur S�es. A Paris, dans la salle de prosopographie, se trouve en photocopie tout le registre du Parlement contenant les testaments enregistr� au parlement de Paris sous le r�gne de Charles VI �tudi�s par Fr. Lodd� dans sa th�se de doctorat, ainsi que les deux volumes de la collection Moreau de la BNF, qui en sont des copies du XVIIIe si�cle et les dossiers de renseignements biographiques constitu�s sur plusieurs individus. A Orl�ans se trouve tout ce qui concerne le dioc�se S�es et Laurent Valli�re s�emploie actuellement � r�diger les notices liminaires apr�s avoir achev� la saisie des enregistrements. Un appel est lanc� � chacun pour apporter les compl�ments d�information n�cessaires � la finition.

Lors d'un colloque � Milan sur l'histoire des dioc�ses, H�l�ne Millet a pu pr�senter le travail de l'�quipe des Fasti. Bernard Andenmatten, responsable du dernier volume paru dans la collection de l'Helvetia Sacra (sur les dioc�ses de Tarentaise et de Sion) viendra la pr�senter � l'�t�.

Ana Maria Rodriguez a obtenu un financement pour la r�alisation de Fasti portugais.

La "bo�te" �tait encore � la disposition de chacun. Elle s'est enrichie du d�pouillement onomastique (par chanoine) d'un article d'E. Anheim sur la cour de Cl�ment VI. F. Ryckebsuch a bien voulu faire de m�me pour l'article d'H. Gilles sur les auditeurs en cour de Rote.

P. Jugie a signal� l'�dition, munie d'un index tr�s fourni, de l'inventaire qu'il avait nagu�re dress� du fonds des coll�giales parisiennes (AN, L 600-617). Il est disponible en salle de lecture au CARAN (ferm� pour l'instant). H�l�ne Millet a enfin demand� de signaler au maximum les adresses �lectroniques dont chacun peut disposer.

B�n�fices et simonie, le point de vue du droit canonique, par C. Leveleux

Malgr� son titre, cet expos� concernait peu les b�n�fices mais bien l'histoire de la conception de la simonie, immense question tr�s complexe. La mani�re qu'ont eu les canonistes de l'appr�hender a beaucoup �volu� aux XIIe et XIIIe si�cles et ce changement de perception est � l'origine du d�bat sur la question du b�n�fice. Chez les th�ologiens comme chez les juristes, il a fallu concilier la ma�trise qu'avait l'�glise du sacr�, par d�finition s�par� du monde, et son engagement de plus en plus marqu� dans les affaires temporelles. Les simoniaques, � l'image du serviteur d'Elis�e, gu�risseur de Na�man dans l'Ancien Testament ou des marchands du Temple et de Simon le Magicien dans le Nouveau, sont ceux qui veulent brouiller les limites entre le sacr� et le profane, lier ce qui est temporel � ce qui est spirituel. Il faut donc �tablir des distinctions mais ce projet �volue dans la p�riode qui s'ouvre avec le D�cret de Gratien (vers 1140). Pour ce dernier, la simonie � dont il ne donne aucune d�finition � n'est trait�e que comme un p�ch�, une question d'ordre dogmatique. Gratien insiste sur l'intention de la personne simoniaque et renvoie � un traitement p�nitentiel de ce qu'il assimile � une h�r�sie. Dans les D�cr�tales de Gr�goire IX, la simonie est consid�r�e d�sormais comme un crime pouvant faire l�objet d�une proc�dure p�nale. Elle pr�suppose un contrat entre deux personnes. On assiste donc dans le courant du XIIIe si�cle � une objectivation et une judiciarisation de la question. Hostiensis (mort en 1271) dans sa Summa Aurea insiste sur le fait que pour le juge d'�glise, la d�finition de Gratien n'est pas suffisante, qu'il faut une ext�riorisation de l'intention, un pacte simoniaque qui la caract�rise. Cela amena � relativiser le traitement de la question, en distinguant diff�rentes situations o� sacr� et profane pouvaient se m�ler ou non, et � int�grer dans le champ de la licit� des pratiques auparavant condamn�es. Tout en criminalisant les abus les plus manifestes, la pens�e canonistes institutionnalisait la gestion de la simonie � ordinaire � et l�gitimait largement l�opportunisme dont l��glise ont fait preuve dans l�utilisation des b�n�fices.

Les biblioth�ques des chanoines et des chapitres d'Aix, Arles et Marseille, par C. Giordano

De diff�rentes �tudes qui ont �t� men�es en France, il ressort que les biblioth�ques des chanoines sont g�n�ralement modestes et que le nombre de volumes poss�d�s exc�de rarement la dizaine. Les biblioth�ques des cath�drales �taient l� pour pallier les carences de celles des chanoines ; de plus, les chanoines �taient les principaux utilisateurs des biblioth�ques capitulaires, leur contenu avait donc une influence sur la culture, la formation intellectuelle de ces hommes.

Pour la cath�drale d�Arles nous avons un inventaire du tr�sor de 1336 mentionnant 11 volumes ; pour Aix, en plus de diverses mentions dans des registres capitulaires et dans des livres de comptes, nous avons des inventaires du tr�sor de 1380, 1404, et 1407. L��tude de ce dernier, nous apprend que la cath�drale poss�dait pr�s de 200 manuscrits et qu�ils �taient entrepos�s dans diff�rents lieux. La plupart �tait dans la sacristie, mais il y en avait �galement dans l�armoire eucharistique, dans la salle capitulaire et dans le ch�ur (dont une dizaine y �tait encha�n�e). Cette biblioth�que qui s�est enrichie en partie gr�ce � des legs de chanoines et d�archev�ques ou par le sauvetage de livres provenant d�autres �glises aixoises, �tait constitu�e � 75 % de livres liturgiques. En ce qui concerne la cath�drale de Marseille, les inventaires du tr�sor sont plus tardifs (le plus ancien, de 1600, mentionne 14 livres liturgiques dont 2 en parchemin) ; nous avons �galement pour cette cath�drale une quittance de 1472 mentionnant pr�s de 80 ouvrages.

Les biblioth�ques des chanoines de ces chapitres sont essentiellement connues gr�ce � des testaments et des inventaires apr�s d�c�s. A l�exception de celui d�un chanoine marseillais (qui �tait �galement sacristain et professeur de droit canon et de th�ologie) qui mentionne 60 livres, les testaments mentionnant des biblioth�ques citent au maximum 3 ouvrages, tandis que les inventaires apr�s d�c�s en comptent en moyenne 26. Le contenu de ces biblioth�ques est peu vari�. Les livres que l�on retrouve le plus souvent sont les livres liturgiques ou de droit. L�une des biblioth�ques les plus vari�es est sans doute celle d�un pr�v�t d�Arles : l�inventaire apr�s d�c�s dress� en 1472 mentionne une quarantaine d�ouvrages dont des livres de fable, un roman et, rang�e dans un studio de sa demeure, une collection d�une dizaine de livres li�s � sa fonction de pr�v�t (dont des livres des statuts de la cath�drale).

Cartographier un quartier canonial, par Y. Esquieu

D�s que l'on a mention d'un quartier canonial dans les sources, il faut tenter de le localiser, situer ses diff�rents �l�ments sur un plan, le plus pr�cis�ment possible. Il faut pr�f�rer l'�tablissement d'un plan � une �poque donn�e � un plan synth�tique, concentrant les donn�es de diff�rentes �poques, mais qui n'exista jamais comme tel, quitte � ne donner qu'un plan du XVIIe si�cle, par exemple.

Attention � bien distinguer la cl�ture, th�oriquement obligatoire, quelquefois mentionn�e dans les textes mais qui n'existe pas toujours, qui signifie le grand clo�tre ou le quartier canonial, et le petit clo�tre qui est un clo�tre architectural, � galeries. Quand le quartier est situ� � la limite de l'ancienne cit�, contre le rempart, sa d�limitation est simple, au moins d'un c�t�. On peut seulement n'avoir qu'un front continu de maisons. Il faut bien distinguer aussi les maisons canoniales qui appartiennent au chapitre (m�me si les chanoines peuvent en "vendre" l'usufruit) des maisons de chanoines, simplement habit�es par eux, quelquefois de g�n�ration en g�n�ration. Quand la communaut� est r�guli�re, il n'y a pas de maisons individuelles sauf pour les dignitaires. Attention � la commensalit� qui veut qu'un chanoine h�berge d'autres clercs si bien qu'il y a forc�ment moins de maisons que de clercs du ch�ur.

On peut ensuite placer sur le plan, dans la mesure de nos connaissances, le palais de l'�v�que, le r�fectoire, le dortoir (pour les communaut�s r�guli�res), la salle du chapitre, les selliers, la grange, le four, l'h�pital et/ou l'aum�ne et le ou les cimeti�res.

Comment proc�der ?

Utiliser :

Jean de Cardalhac, un ou deux personnages ?, par F. Ryckebusch, M. Fourni� et E. Bouy�

Dans la notice r�dig�e par Matthieu Desachy � propos de ce personnage, administrateur du si�ge de Rodez de 1371 � 1379, plusieurs obscurit�s restaient � lever � cause desquelles une vaste enqu�te a �t� lanc�e par Mich�le Fourni�. Plusieurs g�n�alogies de sa famille ont �t� dress�es, � partir des archives du Lot et Garonne, du Lot (qui contiennent le testament de Bertrand, le p�re de Jean et le proc�s men� par Ermengarde sa m�re � propos de la succession � partir de 1336), du Tarn et Garonne (tableau g�n�alogique des feudistes et acte de 1348 par Hugues, le fr�re a�n� de Jean qui lui d�livre un leg). A noter pour les incertitudes concernant Jean, qu'un deuxi�me Jean de Cardalhac est attest� comme chevalier de Saint-Jean de J�rusalem en 1369. Ensuite, Jean ne fut jamais �v�que de Rodez, encore moins prieur de Saint-Caprais d'Agen (Eubel) mais bien administrateur et patriarche d�Alexandrie. Ce n'est pas lui qui a consacr� la chapelle axiale de la cath�drale de Narbonne en 1381, il �tait donc bien � Toulouse � cette date.

Autre querelle aussi sur la paternit� de ses sermons. S. Puyo a transcrit ceux conserv�s � la BNF sur le Grand Schisme et sur les obs�ques de Bertrand, son fr�re, �v�que de Montauban. Mais Mgr Mollat a rejet� l'authenticit� d'un volume de sermons de la Biblioth�que Municipale de Toulouse, est-ce � revoir ? Il semble bien que Jean ait �t� un agent de la royaut� dans le Midi dans les ann�es 1378-1390. En 1385, il pr�side avec Jean de Berry, contre lequel les Toulousains se sont r�volt�s les ann�es pr�c�dentes, la c�r�monie d'ostension des reliques de Jacques le Majeur, ce qui doit �tre compris comme l'apaisement apr�s la temp�te.

Enfin, les armoiries traditionnellement attribu�es � Jean, repr�sent�es sur une clef de vo�te des Cordeliers de Toulouse, ne sont pas les siennes (elles comportent le chapeau cardinalice alors que Jean n'a jamais �t� cardinal), mais celles du cardinal de Montfavet.

Biographies de cardinaux, par P. Jugie, P. Montaubin, E. Bouy�, A.-L. Rey-Courtel.

Ces biographies n�cessitent un travail de coordination d'un volume � l'autre afin de ne pas se r�p�ter. 62 cardinaux ont d�j� �t� r�pertori�s dans les volumes parus. Le probl�me vient du fait que les biographies de cardinaux contenues dans divers ouvrages, sauf dans un dictionnaire des cardinaux qui n'existe pas, concentrent beaucoup d'erreurs copi�es � l'envie, qu'il est d�j� tr�s long � corriger une par une. Une proposition est faite : un volume exclusivement consacr� aux cardinaux ayant eu un b�n�fice en France � un moment donn� de leur carri�re, dans la mesure o� les cardinaux ont que rarement eu un r�le important au sein des chapitres o� ils �taient chanoines. Ce volume contiendrait les informations donn�es par les sources locales sur leur carri�re b�n�ficiale ce que les ouvrages g�n�raux sur eux n�gligent forc�ment. Une affaire � suivre et � �tudier de pr�s.

Pour tout renseignement � communiquer sur ces personnages, contacter

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